Nathalie Pollet
Photo d'atelier, L'Escaut architectures

Nathalie Pollet

Nathalie Pollet mène principalement seule depuis 2010 le studio Pam&Jenny après une longue série de collaborations qui ont laissé des traces graphiques dans le paysage culturel bruxellois depuis les années nonantes. Sa pratique repose sur « des relations privilégiées avec ses clients », et à long terme, avec des clients des secteurs culturels, privés et publics. Elle conçoit des identités visuelles, organise des outils de communication et des sites web, crée des typographies, des illustrations, des magazines, des livres, des signalétiques d’expositions et d’espaces culturels ou urbains.

Au feeling

Nathalie n’a pas de méthode fixe, écrite ou de support destinés à débuter les collaborations avec ses clients. Comme lors de notre conversation, elle élabore assez intuitivement une relation faite de différents éléments repères. Au feeling. Sans méthodologie.

Extraits choisis donc.

« Parmi les questions de départ : “Qu’est-ce que vous aimez chez moi, qu’est-ce que vous aimez tout court ?” »

« Creuser autour, essayer de détecter si quelqu’un fait barrage, comme certains responsables de com’. »

« Qui décide vraiment ? Qui ai-je vraiment en face de moi ? Jusqu’où je peux tirer ? »
« Parfois le seul blocage, c’est la couleur. »

« Installer une relation de confiance. L’expérience amène la confiance en soi, qui donne un aplomb qui permet d’établir un dialogue autrement. Perdre moins de temps dans des directions qui ne donnent rien. »

« Après 25 ans de travail, je vois mieux où viser. »

« Penser aux vacances. Je ne travaille plus le week-end. Je suis plus organisée, plus rapide. Je résiste mieux à des injonctions des clients, genre “il nous faut ça pour vendredi après-midi” alors qu’il n’y a pas d’urgence. »

« Je garde des clients assez longtemps. »

« Trouver la balance entre souplesse et assertivité. Mettre les limites. »

« “Il n’y a pas de mauvais projets, il n’y a que des mauvais graphistes. Et des mauvais clients.” C’est une boutade. Mais il faut savoir trier. Parce que tous les sujets sont intéressants. Mais bon. Toutes les situations ne sont pas possibles. »

« Garder la marge pour pouvoir dire, rarement, “non, je ne le ferai pas.” »

« C’est quand même souvent une question de confiance. Et donc de statut. Mais aussi de rester en éveil, avec un métier qui change autant. C’est une dynamique à amener. »